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    • M12 GMC

    • Sommaire
      • Genèse & Production
      • Design
        • Armement
        • Groupe Motopropulseur
        • Suspension
        • Autres
      • Conversions
        • M30 CC
        • T6 240mm
      • En Action
      • Conclusion
      • Bibliographie & Sitographie
    • Genèse & Production

      En juin 1941, le département de l'armement entreprit des études en vue de la création d'un affût automoteur pour le canon M1918 de 155mm, utilisant le châssis du M3 Lee. Auparavant, les affûts automoteurs n'étaient pas prévus dans la doctrine, car on estimait que les chevaux, les tracteurs ou une combinaison de ces moyens pouvaient répondre aux besoins de l'artillerie. Cependant, la guerre en Europe changea la donne. Après concertation avec la branche artillerie, il fut convenu de construire un prototype. Conformément au procès-verbal n°16912 du Conseil de l'Armement (OCM), ce prototype fut désigné T6 GMC. Le prototype était constitué d'un châssis de M3 Lee sur lequel était monté un canon M1918M1 de 155mm, grâce à ses affûts supérieur et inférieur. Le prototype T6 fut construit à l'arsenal de Rock Island (Illinois) puis acheminé vers le champ de tir d'Aberdeen (Maryland) le 12 février 1942 pour y être testé. Il utilisait une caisse rivetée, des bogies, une poulie de tension, un barbotin et un moteur provenant du M3 Lee. La partie supérieure de la caisse était probablement assemblée à l'aide de boulons hexagonaux. Les essais de tir révélèrent que le T6 constituait une plateforme de tir stable, mais les tirs endommagèrent la pelle hydraulique, l'empêchant de se relever. Ce problème fut résolu en modifiant le mécanisme de relevage pour le rendre manuel. Cependant, même complètement rétractée, la pelle limitait les capacités de franchissement du T6. De plus, la poussière perturbait le mécanisme de rotation, ce qui nécessita l'installation d'un joint d'étanchéité.

    • T6 GMC.
    • Une fois les problèmes résolus, le prototype du T6 fut envoyé au Conseil d'Artillerie de Campagne de Fort Bragg (Caroline du Nord) pour des essais opérationnels. Ces essais révélèrent que le T6 était plus performant que les canons fixes pour se déplacer sur une distance de 10 km et se mettre en position, en 35 min contre 3 heures. Le 17 juillet 1942, le Conseil de l’Artillerie recommanda, après modification de l'aménagement intérieur et du rangement des munitions, l'adoption du T6, ainsi que d'un transporteur d’obus similaire (ce projet était déjà en cours, désigné T14 Cargo Carrier). À une date inconnue, le prototype du T6 fut envoyé à la Pressed Steel Car pour être transformé en prototype du T14. Cette hypothèse repose sur le fait qu'ils partagent le même numéro d'immatriculation et d'autres détails mineurs. Le T6 fut recommandé pour une standardisation sous la désignation de M12 GMC (OCM 18584), et l'acquisition de 50 M12 fut autorisée. Ce nombre fut ensuite porté à 100 le 10 août 1942. Ce nombre modeste s'expliquait probablement par la disponibilité limitée des canons M1918 de 155mm, dont certains auraient dû être retirés des monuments commémoratifs de la Première Guerre Mondiale.

    • L’usine de la Pressed Steel Car avec une ligne de production pour le M4A1 Sherman (à gauche) et le M12 (à droite), Chicago, Illinois, septembre 1942.
    • Le premier M12 sortit des chaînes de production en septembre 1942, suivi un mois plus tard par le premier M30 Cargo Carrier. Ce premier véhicule fut ensuite envoyé au champ de tir d'Erie (Ohio) pour finaliser l'aménagement du chargement, qui fut approuvé par les commissions de l'artillerie de campagne et des blindés, après quoi il fut testé à Fort Bragg. Les seules modifications supplémentaires concernèrent le système de purge d'air (pour résoudre un problème inhérent à la conception), le pare-flammes et les tuyaux d'échappement. Les cinq derniers M12 sortirent des chaînes de production en mars 1943 pour un total de 100 engins.

    • Production du M12 GMC de septembre 1942 à mars 1943.
    • Design

      De face, le M12 présentait le capot de transmission, puis le poste de conduite, suivi du compartiment moteur central (avec le moteur monté en biais), et enfin le compartiment de combat ouvert abritant le canon. La plaque avant du poste de conduite était équipée de 2 phares, un outil étant rangé entre eux, d'un aérateur central, et des outils ainsi que des rangements intégrés aux garde-boue. Le poste de conduite disposait d'une transmission centrale, avec un siège devant les commandes de part et d'autre pour le conducteur et le chef de char. Une trappe latérale était située du côté conducteur. Deux trappes étaient également présentes sur le toit, ainsi que 2 autres trappes avec des dispositifs de vision sur la plaque avant. La partie centrale comportait une ventilation, un ensemble d'outils, puis une légère dépression permettant l'accès à une nouvelle ventilation. Le compartiment de combat arrière comportait un échappement de chaque côté, puis le canon, un treuil de chargement sur le côté droit, un magasin de munitions (4 obus à droite et 6 à gauche) auquel était adjacent un dispositif de chargement, 2 sièges derrière le magasin de munitions gauche, puis le chariot élévateur sur le bord du châssis avec 3 marches, et de chaque côté du chariot, sur les ailes, des repose-pieds. Le M12 mesurait 6,77 m de long, 2,67 m de large et 2,88 m de haut, avec une chenille de 2,11 m et une garde au sol de 43,2 cm. Son poids en ordre de combat était de 26,8 t et à vide de 25 t. La pression au sol était de 0,84 kg/cm².

    • Aperçu du cockpit du M12.
    • Le blindage du M12 était constitué d'une combinaison d'acier homogène soudé, laminé et moulé, le couvercle de la transmission avant étant boulonné. Le M12 disposait d'un système de franchissement d'eau profonde, composé d'une superstructure en forme de boîte autour du compartiment de combat avec des extensions d'échappement.

    • Différentes vues + vue en coupe.
      • Armement

        Le M12 était armé d'un canon d'artillerie de 155mm, soit le M1917, soit le M1917A1, soit le M1918M1 (très probablement ce dernier, car il s'agissait de la variante principale dans l'arsenal américain). Le canon M1917 était l'exemplaire d'origine acquis auprès des Français, tandis que le M1918M1, fabriqué par les États-Unis, utilisait une nouvelle culasse. Cette culasse fut également utilisée sur le M1917 pour créer le M1917A1. Les canons mesuraient 6 m de long et pesaient 3,95 t. Le côté gauche du canon fut ultérieurement modifié pour inclure un bouclier. Le canon utilisait un affût M4, permettant un débattement horizontal de 28° (14° de chaque côté) et une élévation de -5° à 30°. Il était pointé directement à l'aide d'une lunette M53 et indirectement à l'aide d'une lunette panoramique M6 et d'un quadrant de visée M1918A1. L'affût maintenait le canon sur 2 tourillons permettant son élévation et était monté sur une plaque pivotante pour assurer sa rotation. La molette de rotation se trouvait à l'arrière gauche, tandis que la molette d'élévation était située derrière le bouclier, sous le viseur.

      • Canon M1918M1 de 155mm.
      • Compartiment de combat.
      • Le canon du M12 utilisait un chargement séparé pour les munitions, c'est-à-dire que le projectile et la charge propulsive étaient séparés. Cela permettait d'alléger les différents éléments. Le M12 pouvait emporter 10 obus et avait une cadence de tir de 4 coups/min, avec une pression de poudre max de 217 MPa. Quatre obus étaient placés à droite du compartiment de combat et 6 à gauche, les charges propulsives étant placées sous le canon. Le M30 d'accompagnement pouvait transporter 40 obus. Les principaux obus tirés par le M12 étaient : l’APHEBC M112B1, la HE M101 et l’obus au phosphore blanc M104. Parmi les autres obus que le M12 pouvait tirer figuraient : l’obus à gaz persistant ou explosif Mk. IIIA1, l’obus à gaz Mk/ IIIA1 Mod. I, l’obus à gaz et fumigène ou à gaz persistant Mk. VII, un obus d'entraînement chargé de sable, les obus d'entraînement Mk. I et M7, les obus fumigène M015 et M115. Ces canons pouvaient également tirer des munitions allemandes de 155mm.

      • HE M101.
      • Groupe Motopropulseur

        Le M12 était propulsé par un moteur à essence radial Continental R975-C1 de 350 ch, à 9 cylindres, refroidi par air et à 4 temps, initialement conçu pour l'aviation. La puissance était transmise par une boîte de vitesses synchronisée avec différentiel de direction et freins, offrant 5 rapports avant et 1 arrière. Le véhicule contenait 909 L d'essence à indice d'octane 80. Sa vitesse max était de 38 km/h sur de courtes distances, sa vitesse de croisière max de 34 km/h et son autonomie de 225 km. La protection incendie était assurée par 2 extincteurs fixes de 4,54 kg et 2 extincteurs portables à CO₂ de 1,81 kg. L'accès au moteur se faisait par une trappe centrale ou par 2 trappes d'inspection sur la cloison arrière. Les réservoirs de carburant étaient situés dans les flancs du véhicule, à côté du moteur. Les gaz d'échappement étaient évacués entre les bogies central et arrière.

      • Compartiment moteur.
      • Moteur Continental R975-C1.
      • Suspension

        Le M12 était équipé d'une suspension à ressorts hélicoïdaux verticaux (VVSS). Le système VVSS utilisait un barbotin avant à 13 dents, 3 bogies et une poulie de tension (associée à un patin sur les modèles ultérieurs). Le modèle de série initial était équipé d'un patin symétrique, tandis que les versions modernisées disposaient d'un patin asymétrique. Les chenilles principales étaient les T48, T49, T51 et T54E1. La structure centrale était en acier, avec 2 axes maintenant les dents et une surface de contact en acier ou en caoutchouc. Le M12 utilisait 158 maillons de chenille (79 de chaque côté) avec une longueur de contact au sol de 3,7 m. Un char équipé du système VVSS pouvait gravir une pente max de 60%, franchir une tranchée de 2,29 m de profondeur, avoir un rayon de braquage minimal de 18,9 m et franchir un obstacle vertical maximal de 61 cm.

      • Suspension.
      • Principales chenilles utilisées sur les Sherman et leurs variantes, y compris le M12.
      • Autres

        Le M12 disposait d'un équipage de 6 membres : un pilote, un chef de char et 4 servants. Six autres membres d'équipage se trouvaient dans le M30 qui l'accompagnait. Le pilote et le chef de char prenaient place dans le compartiment du pilote à l'avant, tandis que les servants de canon occupaient le compartiment de combat : 2 sur les sièges de gauche et les deux autres sur la bêche (bien qu'il soit possible que, parfois, les servants aient voyagés dans un autre véhicule). Le M12 était équipé de 5 carabines M1 de 7,63mm, d'un lance-grenades à fusil M8 (avec 8 grenades) et de 12 grenades à main. Pour charger le canon, 2 membres d'équipage utilisaient un support pour insérer l'ogive, qui était ensuite poussée en place à l'aide d'une tige creuse en demi-cercle par 2 autres membres d'équipage. Un troisième membre d'équipage chargeait la poudre, un quatrième fermait la culasse et, enfin, une corde était attachée pour actionner le canon.

      • Arrière du M12.
      • Configuration des servants du canon lors d’un tir, Belgique, 8 septembre 1944.
      • 991e bataillon d'artillerie lourde, Saint-Lô, France, juillet 1944.
      • 991e bataillon d'artillerie lourde, Allemagne, novembre 1944.
    • Conversions

      • M30 Cargo Carrier (1942)

        Le M30 fut conçu pour acheminer les obus du M12, l'espace disponible à bord étant insuffisant pour ces derniers. Le M30 reprenait la conception générale du M12, mais sans canon et avec un anneau de mitrailleuse supplémentaire équipé d'une M2 de 12,7mm. Il emportait 40 obus (avec la poudre) et disposait d'un équipage de 3 membres. Pour loger les obus, les parois latérales de la partie arrière ouverte furent surélevées et la bâche remplacée par un hayon. Au total, 100 M30 furent produits sur le châssis du M3, dont 74 furent modernisés et déployés avec les M12.

      • T30.
      • M30.
      • T6 240mm howitzer (1942)

        Après les essais du prototype T6, une étude de faisabilité fut lancée à l'Institut Franklin (Philadelphie) pour le montage d'un obusier de 240mm sur le T6. En octobre 1942, les plans d'un obusier M1918 de 240mm monté sur un châssis de T6 modifié étaient disponibles. Les bogies furent reculés, mais leur écartement resta inchangé, avec l'ajout d'une poulie de tension plus grande. Ceci augmenta la longueur de contact avec le sol et réduisit la pression au sol. Pour tirer, le véhicule devait s'atteler au transporteur de munitions afin de répartir le recul. De ce fait, seul le transporteur de munitions était équipé d'une pelle. Le bogie arrière du véhicule devait être placé au-dessus de cette pelle enterrée, ce qui impliquait que le chargement du canon s'effectuait depuis le transporteur. Cette solution fut jugée trop complexe et le projet ne dépassa pas le stade de la maquette.

    • En Action

      Six bataillons d'artillerie de campagne furent organisés pour utiliser le M12 vers le printemps 1943. En 1943, l'état-major des forces terrestres de l'Armée de Terre estimait que 100 M12 suffiraient aux besoins établis, mais manifesta peu d'intérêt pour leur utilisation. Ils furent stockés ou utilisés uniquement pour l'entraînement. Les essais et les entraînements révélèrent la nécessité de modifications supplémentaires. Fin 1943, des officiers du SHAEF (Grand QG des Forces Expéditionnaires Alliées), au sein de la section Véhicules de Combat Blindés et Armement (AFV&W) en Angleterre, envisagèrent le M12 comme un potentiel canon anti-bunker pour contrer la Ligne Siegfried. Cela mena à des plans de modernisation et de déploiement du M12 en Europe. Le processus d'organisation et d'équipement de 6 bataillons d'artillerie de campagne (FAB) avec des M12 débuta au printemps 1943 et s'acheva à l'été 1943, les M12 étant livrés de mars à juin 1943. Chaque BAC disposait de 12 M12 et de M30, ce qui laisse supposer que 72 exemplaires furent distribués. La plupart des sources indiquent que les FAB équipés du M12 étaient les 557e, 558e, 981e, 987e, 989e et 991e bataillons d'artillerie de campagne. Cependant, une autre source mentionne les 174e, 258e, 557e, 558e, 987e et 991e bataillons d'artillerie de campagne et fournit des informations sur leur engagement.

      En décembre 1943, dans le cadre des préparatifs du débarquement de Normandie, des modifications furent proposées. En février 1944, les ateliers Baldwin Locomotive Works entreprirent la modernisation et la remise à neuf des chars, travaux qui se poursuivirent jusqu'en mai 1944. Durant cette période, un bouclier fut ajouté à l'affût du canon et la trappe latérale droite réservée au chef de char fut supprimée. Au total, 74 M12 furent modernisés et remis à neuf, ainsi que 74 M30. Le 30 janvier 1944, une délégation comprenant le général Jacob L. Devers et d'autres généraux se réunit à Morte Bay, dans le Devon (Angleterre), pour assister à un tir de M12 depuis un LCT-5. Cet essai s'inscrivait dans le cadre d'essais de tirs de diverses armes, mais il s'agissait probablement d'une démonstration de la puissance du M12 en prévision du débarquement en Europe. Début 1944, les six bataillons de M12 reçurent l'ordre de se déployer au Royaume-Uni.

      Le M12 fut déployé dès le débarquement en France le 7 juin 1944 en 6 unités : les M12 furent distribués, fait inhabituel, en petites unités d'une batterie ou moins sur tout le front. Ces FAB participèrent aux débarquements initiaux et aux combats sur les têtes de pont, ainsi qu'à la percée, puis poursuivirent leur progression à travers la France et en Allemagne.

      Le 258e régiment d'artillerie de campagne fut intégré au service fédéral en février 1941. Il s'entraîna avec des canons de 155mm à Pine Camp (aujourd'hui Fort Drum, dans l'État de New York) avant d'être réorganisé avec des M12 pour former le 258e groupe d'artillerie de campagne, composé des 258e et 991e régiments d'artillerie de campagne. Il fut ensuite déployé au Royaume-Uni et au camp d’entrainement de Cwrt-y-Gollen, qui abritait les 174e, 258e et 991e FAB. Le 258e régiment n'était pas entièrement équipé avant le 18 juin 1944. Il était prêt à l'action le 17 juin 1944 et débarqua sur la plage d'Utah les 1er et 2 juillet 1944, puis progressa jusqu'à Saint-Côme-du-Mont, effectuant sa première mission de tir le 3 juillet.

      Le 978e bataillon d'artillerie de campagne fut créé en février 1943 à Camp Bowie, au Texas. Initialement équipé de canons de 155mm tractés, il fut remplacé par des M12 en juin 1943. Le bataillon partit pour la Grande-Bretagne le 17 février 1944 et y arriva le 22 mars 1943. Il fut transporté par voie ferrée jusqu'à Camp Bulwark (Chepstow, Pays de Galles) où il séjourna 3 semaines avant de rejoindre Clacton-on-Sea (Essex, Angleterre). Le 2 mai 1944, il reçut ses M12 qu'il imperméabilisa en vue du débarquement de Normandie. Le 978e bataillon était sous commandement britannique et devait débarquer 12 heures après le Jour J, mais la mer agitée retarda le débarquement, qui eut finalement lieu le 7 juin 1944 à Gold Beach, rattaché à la 50e division d’infanterie (Northumbrian). Les troupes débarquèrent progressivement pendant les jours suivants. Ce fut le baptême du feu du M12. Le 987e bataillon devait soutenir les Britanniques dans leur tentative de prise de Caen. Le 30 juin 1944, il fut détaché du commandement britannique et rattaché au 5e corps de la 1re armée américaine. Il servit ensuite aux côtés des Américains en Allemagne jusqu'à la fin de la guerre.

    • M12 en configuration amphibie du 978e bataillon d'artillerie de campagne débarquent sur le secteur Jig, Gold Beach, 7 juin 1944.
    • Le M12 Warrior du 978e bataillon d'artillerie de campagne tirant sur un blockhaus à Gressenich, Allemagne, 18 novembre 1944.
    • Le 174e bataillon d'artillerie de campagne fut créé en février 1943 à Camp Bowie (Texas) et reçut ses M12 en juin 1943. Il quitta le camp pour le Royaume-Uni le 17 février 1944 et arriva le 11 mars 1944, où il fut stationné à Cwrt-y-Gollen. Il y rejoignit les 258e et 991e bataillons qui formaient le 258e groupe d'artillerie de campagne. Vers le 17 juin 1944, le 174e bataillon d'artillerie de campagne réceptionna et calibra ses canons au champ de tir de Sennybridge, Pays de Galles. Le 174e débarqua à Omaha Beach entre le 1er et le 2 juillet 1944 et participa à son premier engagement le 4 juillet 1944, tirant à l'unisson avec l'ensemble de l'artillerie normande pour célébrer la fête nationale américaine. En juillet, le 174e bataillon d'artillerie de campagne effectua 262 missions, utilisant 3 519 obus. Le 1er août 1944, rattaché à la 6e division blindée, le 174e FAB perça les lignes normandes et progressa vers Brest. Cette ville était un objectif stratégique, car son port était essentiel à la logistique alliée. Appuyant le 8e corps d'armée, le 174e FAB combattit pour la prise de Brest du 6 août 1944 jusqu'à sa reddition le 18 septembre 1944. Il continua ensuite à servir en Europe jusqu'à la fin de la guerre.

    • M12 du 174e bataillon d’artillerie de campagne tirent près de Büdesheim, Rhénanie-Palatinat, Allemagne, 10 mars 1945.
    • Le 991e bataillon d'artillerie de campagne fut créé le 18 février 1943. Il suivit le 258e bataillon d'artillerie de campagne jusqu'à Cwrt-y-Gollen. Il céda son matériel à une unité prioritaire et reçut des renforts le 18 juin 1944. Le bataillon était alors prêt au combat. Après avoir embarqué sur des LST le 10 juillet 1944 et débarqué le 11 juillet 1944, il progressa jusqu'à Colleville-sur-Mer.

      Le 558e bataillon d'artillerie de campagne fut créé le 10 mai 1943 et s'entraîna pendant 13 mois à Camp Roberts (Californie), probablement avec des M12 dès ses débuts. Le 13 juillet 1944, le 558e FAB arriva en Grande-Bretagne, possiblement sans ses M12 ni ses M30.

      Le 557e bataillon d'artillerie de campagne fut incorporé au service fédéral le 15 mai 1943 à Camp Gruber (Oklahoma) et reçut des M12 fin mai 1943, endommagés par les intempéries. L'entraînement dura près de 14 mois et le 557e bataillon d'artillerie de campagne atteignit le Royaume-Uni en juillet 1944. Arrivés sans véhicules, ils ne furent entièrement équipés que le 6 août 1944. Cependant, lors d'un exercice de calibration au pont de Camp Denny, un M12 de la batterie C fut détruit par un incendie pendant le ravitaillement. Le 13 août 1944, le 557e bataillon d'artillerie de campagne débarqua à Utah Beach, affecté au 8e corps. Il rejoignit le 174e FAB pour attaquer Brest et s'emparer de son port. Il y connut son baptême du feu le 23 août 1944 à Questel, près de Brest.

    • M12 (n°4081011 et série 59), Batterie C, 557e bataillon d'artillerie de campagne en action près de Morteau, France, 15 novembre 1944.
    • La vitesse du canon M12, d'environ 34 km/h, en faisait souvent la seule pièce d'artillerie lourde disponible à proximité de la ligne de front, et il s'avéra une arme efficace et populaire. Lorsqu'ils atteignaient les bunkers et les casemates de la redoutable Ligne Siegfried, les M12 se montraient capables de les détruire à une distance de 1,83 km. Le M12 était particulièrement efficace contre les bunkers, probablement parce que ses obus pouvaient pénétrer jusqu'à 2,1 m dans le béton armé (avec une AP pour béton). Lors des combats au nord d'Aix-la-Chapelle, début octobre 1944, certains M12 furent affectés au 19e corps. Ils participèrent à une campagne de démolition des bunkers de la Ligne Siegfried afin de permettre une offensive. Les M12 durent même s'approcher à quelques centaines de mètres pour détruire les bunkers. Fin octobre 1944, lors des dernières phases du siège d'Aix-la-Chapelle, un M12 malchanceux fut utilisé comme arme de siège pour détruire la cachette d'un commandant, provoquant sa reddition. Cet événement est relaté dans The Guns at Last Light: The War In Western Europe, 1944–1945 de Rick Atkinson :

      En une seule journée à Aix-la-Chapelle, les M12 tirèrent 64 obus à bout portant, détruisant 9 bâtiments, dont un cinéma occupé par une compagnie de fusiliers ennemis. Tous furent tués ou blessés.

      Alors que le 2e bataillon approchait des ruines de l'ancien hôtel de ville, avec sa fière façade aux couleurs des dirigeants allemands, un M12 s'engagea sur la Wilhelmstrasse. Un chasseur de chars tira 16 obus qui percèrent le mur d'une maison. Le canon de 155mm utilisa ensuite la meurtrière pour tirer 7 obus sur le Théâtre d'État, 5 pâtés de maisons plus loin, le long de la Hindenburgstraße. Les troupes allemandes retranchées dans la forteresse se ruèrent vers l'ouest, en direction de la cathédrale. Ce succès permit au M12 de continuer à être employé dans les villes jusqu'à la fin de la guerre. Cela témoigne probablement de la puissance du canon de 155mm par rapport aux autres armes montées sur véhicules à l'époque, surtout compte tenu de la vulnérabilité de l'équipage à l'arrière du véhicule face aux tirs et aux éclats d'obus.

    • Le M12 Calamity en combat, probablement du 991e bataillon d’artillerie de campagne, Aix-la-Chapelle, octobre 1944.
    • Contrairement à d'autres véhicules américains, sans doute en raison de sa faible production, le M12 ne fut pas largement exporté vers les pays alliés. Néanmoins, quelques exemplaires furent temporairement utilisés par l'Armée Française. Du 11 au 19 janvier 1945, l'Armée Américaine prêta 2 M12 à la 3e batterie du 3e régiment d'artillerie coloniale de la 2e division blindée, baptisés Pluto et Donald, probablement en référence aux célèbres personnages de Disney.

    • Le M12 Pluto de la 3e batterie, 3e régiment d’artillerie coloniale, 2e division blindée, l'un des 2 M12 qui furent brièvement en service dans l'Armée Française, Oermingen, Alsace, mi-janvier 1945.
    • À la fin de la guerre en Europe, les M12 (et M30) furent déclarés à standardisation limitée (matériel répondant à certaines normes mais pas à toutes, bien que suffisant pour être distribué aux unités de combat) en mai 1945, puis obsolètes en août 1945. La quasi-totalité de ces canons fut mise au rebut. La demande accrue de canons automoteurs de 155mm mena au développement du T83, standardisé en M40 et armé du canon M1 de 155mm en 1944 (puis au T89, désigné M43). Certains prototypes furent déployés aux côtés des M12 en mars 1945 lors de la Bataille de Cologne. Ils les remplacèrent définitivement en 1945 après la mise au rebut des M12. Le remplacement du M12 avait été entrepris pendant la guerre, lorsque les canons M1917 et M1918 existants furent épuisés, ne laissant subsister que le M1 de 155mm, trop puissant pour le châssis du M3 Lee. De ce fait, le véhicule fut conçu sur la base d'un châssis élargi de M4 Sherman, utilisant le système de suspension à ressorts horizontaux (HVSS).

    • Quatre M12 au terrain d'essai allemand de Hillersleben à l'époque où il était utilisé par l'Armée Américaine pour calibrer l'artillerie lourde, en tant que terrain d'essai d'artillerie de la 9e armée, 1945.
    • Conclusion

      Le M12 représenta une évolution cruciale pour l'artillerie américaine, alliant la puissance de feu considérable des canons de la Première Guerre Mondiale à la mobilité requise par les combats rapides de la Seconde Guerre Mondiale. Initialement accueilli avec un intérêt limité, le M12 prouva finalement son utilité lors de la libération de l'Europe par les Alliés, où il joua un rôle déterminant dans la destruction de positions fortifiées telles que la Ligne Siegfried. Sa rapidité et sa puissance de feu en firent un atout inestimable lors des opérations offensives et défensives.

    • Bibliographie & Sitographie

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      1941 M 12 GMC 155mm, chars-francais.net, 17 octobre 2024. URL : https://www.chars-francais.net/index.php/engins-blindes/chars?view=article&id=1878:1941-m-12-gmc-155mm&catid=10

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